Liliane Jossua in Financial Times
Hors de la boîte à bijoux….
Paris se trouve au coeur d’un mouvement émergent de haute joaillerie alternative qui bouscule les codes habituels, par Vivienne Becker.
Pas de blanc après le mois de Septembre, pas de mini-jupes après 40 ans, ne jamais mélanger les pois et les rayures – autant de règles classiques abandonnées depuis longtemps et de maniére évidente sur les podiums des défilés de mode. Jusqu’à présent la joaillerie s’accrochait fortement à la tradition. Liliane Jossua, la fondatrice du concept-store Parisien Montaigne Market : « La crise a changé la manière de penser des gens et leur point de vue sur la joaillerie. ». Un petit groupe de designers, pour la plupart basés à Paris propose des solutions alternatives pour le porté des bijoux en proposant de nouvelles parties du corps à décorer en apportant des formes inattendues.
Récemment , Katia Gaydamak, une des deux sœurs d’origine Russe ,créatrices de la marque Privé Jewellery , jouait avec son bracelet trop grand pour son poignet ,en le bougeant sur la paume de sa main ,raconte sa sœur Sonia, et le positionne de sorte à ce que l’ornementation dentelle se place sur le dos de la main et le bracelet dans le creux de la paume . « Les gens nous arrêtaient pour nous poser des questions. ». Les créations de Privé Jewellery , entrelats délicats ou réalistes iguanes et crocodiles ,sont toutes confectionnées à la main ,or blanc, jaune, rose ou noir , diamants et rubis. Ce qui caractérise ces bijoux alternatifs, c’est le mélange d’un raffinement précieux avec un clin d’œil ethnique. Pristine est la marque avant-garde de la parisienne Lauren Rubinski, spécialisée dans des boucles d’oreilles spectaculaires qui doivent être portées solitaires ou dépareillées. Les boucles d’oreille d’Elise Dray sont des créations exceptionnelles qui se recourbent autour de l’oreille, la plume de paon sertie de saphirs, le serpent ondulant, ou le dragon crachant du feu, en diamants et qui s’équilibrent d’une pièce plus sobre à l’autre oreille, une feuille ou un serpent minuscules.
Cela ne s’arrête pas aux oreilles. La manchette gant du créateur Libanais Noor Fares est un bijou pour la main entière, non seulement pour le poignet. Inspirée des tatouages au Henné, elle roule confortablement sur le dos de la main et sous les doigts, composée de perles, d’ébène poli ou de perles de turquoise et se clos par un fermoir en or serti de diamants. Les bagues à deux doigts ou se dépliant sur deux doigts sont devenue presque banales ( elles sont la spécialité de Van Cleef & Arples et de la nouvelle collection très british de Garrard ,Star & Garter ) mais Elise Dray les a projeté à un niveau supérieur, en ondulant doucement des serpents pavés de pierres précieuses ,des délicates bagues trois doigts et en créant des bagues serpents et des dragons enroulés autour des phalanges. Sa bague Hippy est constituée de deux anneaux très fins portés à chaque extrémité du doigt, reliés par une chaîne encore plus fine, ornementée d’une croix, d’un serpent ou d’une fleur de lys.
Gaia Repossi, descendante de la maison de joaillerie basée place Vendôme à Paris, propose des bagues façon cage ou de simples anneaux sertis de pierres précieuses à porter seuls ou en accumulation sur les phalanges des doigts ou sur les orteils. Elles font partie de ce mouvement montant qui pare tous les doigts et les ongles comme les bagues d’ongles ajustables de Bijules, vendus à Paris à la galerie H3.
« La haute joaillerie peut devenir légèrement ennuyeuse. » dit Liliane Jossua de Montaigne Market. « Ceci est moderne, une manière d’être différent. Tout change. Même les bijoux. »




